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Edition n° 0242
du 29-09-2009
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 Monja Roindefo - Le problème


 
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va-il abandonner son fauteuil ? L'actuel Premier ministre est bel et bien devenu l’homme à abattre, objet d'un véritable tirS croiséS de la part de toutes les mouvances, y compris dans son propre camp.

Le Premier ministre Monja Rondefo est-il l'empêcheur de tourner en rond dans le pesant ballet de Maputo ?
Le Groupement international de contact (GIC) et les trois mouvances demandent à cor et à cri sa démission. Un mouvement qui gagne aussi certains membres de la Transition.
« C’est lui qui fait blocage à toutes les négociations. La mouvance Rajoelina ne respecte pas la charte de Maputo. Si Monja Roindefo reste Premier ministre, Andry Rajoelina devra abandonner son poste de président et vice-versa », s'est emporté Albert Zafy, leader de sa mouvance. Dans les coulisses de Maputo, une pression internationale a exigé « que Madagascar devait changer son Premier ministre ». Monja Roindefo devient donc seul contre tous.
Cette solitude du Premier ministre n’est pas que politique. Il est seul actuellement dans sa vie familiale car sa femme est à l’étranger pour suivre le traitement médical de son fils, né pendant les moments durs à Madagascar. Malgré toutes les pressions, Monja Roindefo persiste et signe, et il sait être tenace. « Il a hérité de l'esprit combatif de son père », explique un membre de la transition. L’entêtement d’un nationaliste pur et dur.
Ses dernières réactions confirment qu’il reste aux côtés d'Andry Rajoelina. Il a annoncé son intention d'envoyer une lettre de protestation aux Nations unies quand le Président a été empêché de faire son discours, la semaine dernière, lors de l’Assemblée générale de l’ONU. «Madagascar était invité et avait le droit de s'exprimer. Malheureusement, une minorité de pays africains s'y est opposée et on nous a privés de ce droit», lance-t-il le 25 septembre.
De son côté, le parti Monima, qui vient de se rassembler en congrès, serre les rangs autour de son leader. Ambiance de veillée d'armes, il « met en garde contre un éventuel départ contre son gré du chef du gouvernement ».
Pour Monja Roindefo, ce sont les trois autres mouvances et les médiateurs internationaux qui bloquent le pays. « Le problème avec le Groupe international de contact, c’est qu’il n’a pas la même vision que le peuple malgache. Ce groupe nous astreint à le suivre, comme si nous avions une rançon à lui devoir, même si nous ne sommes pas convaincus de son argumentation », argumente-t-il. « Il faut que le problème politique se résout politiquement, mais la vie socio-économique de la nation doit rouler », a-t-il encore rappelé lors du débat organisé par Johary Ravoajanahary à la télévision nationale à l'occasion de la Journée internationale de la démocratie, il y a quinze jours.
Mais c’est aussi pendant ce débat qu’on a pu constater les faiblesses de Monja Roindefo. Polyglotte, il a l’habitude de parler en vary amin’anana. Presque à chaque phrase se glisse un petit mot en français. De plus, si Fetison Andrianirina souriait tout le temps pendant le débat, Monja Roindefo, le faisait aussi, mais comme à contre-cœur. « Il a le visage d’un homme ferme et sérieux, c’est son air. Mais je vous dis que le Premier ministre est un homme simple et très sociable », commente l’un de ses proches.

 
Par : Aina Rabako
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