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Edition n° 0242
du 29-09-2009
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 Devenu « Jaombilo » par la guitare


 
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Dans certaines régions, des hommes poussent leur femme à se prostituer, d'où la naissance du terme « Jaombilo ». A Antsiranana, par exemple, les noctambules ne considèrent pas du tout ce terme comme péjoratif, n'étant pas conscients qu'ils agissent en proxénètes. Dans des villes touristiques, comme Nosy Be, Tolagnaro ou Morondava, les parents encouragent leurs filles dans la même voie pour se prostituer. Heureusement que « cette pratique n'est pas courante dans la capitale », selon la commissaire Aina Randriambelo. Mais les « Jaombilo » ont débarqué à Antananarivo.
Nantenaina est l'un d'eux. « Nous accompagnons nos femmes », précise-t-il. Quand elles travaillent, Nantenaina et ses amis regardent un film dans une salle de vidéo ouverte près de la cité Lacoste. Il leur arrive aussi de jouer au rami ou à la belote. Nantenaina rentre avec sa conjointe à 4 h 30 du matin.
Son rêve d'enfance était de devenir artiste. Il avait son petit groupe dans son quartier. En hiver 2004, Nantenaina et ses deux musiciens sont sortis à Tsaralalàna. Devant une boîte de nuit, les trois « artistes » ont commandé une bouteille de rhum et quelques grillades. « Juste à côté de nous, un groupe de jeunes chantait fort, accompagné par une guitare. Mais leur répertoire était très limité car leur musicien ne maîtrisait pas son instrument », dit Nantenaina. Ce dernier a donc emprunté la guitare et s'est mis à jouer quelques morceaux de Mahaleo.
« L’ambiance était à son comble. Les « chéries » nous ont demandé de revenir le lendemain ». Depuis ce temps, les trois hommes sont devenus des habitués de Tsaralalàna et chacun y a trouvé femme.

 
Par : Aina Rabako
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